Quel lien entre l’alimentation et le développement de l’enfant ?

Cantine du Cambodge

L’accès à une alimentation saine et équilibrée favorise le bon développement physique et cognitif de l’enfant.
L’accès à une alimentation de qualité aura une incidence sur l’état de santé des individus à l’âge adulte (notamment chez les femmes en âge de procréer).

Grâce à un recul de la faim dans le monde, on observe une tendance à la baisse des moyennes régionales et mondiales du retard de croissance chez l’enfant.

151 millions d’enfants de moins de 5 ans souffraient d’un retard de croissance en 2017, contre 165 millions en 2012.

Quelques chiffres :

  • En Afrique, 39% du total des enfants ont un retard de croissance ;
  • En Asie, 55 % du total des enfants ont un retard de croissance ;
  • En Asie, 1 enfant sur 5 âgé de moins de 5 ans présente un cas de maigreur extrême.

Les enfants qui souffrent d’un retard de croissance, présentent des risques de déficiences cognitives, de difficultés lors de leur vie scolaire et professionnelle et de décès.

Les conditions d’accès à l’alimentation en quelques mots 

Cantine du Burkina Faso

Après une lente décroissance pendant plusieurs années, la faim progresse de nouveau depuis 3 ans !

  • Entre 2015 et 2016  : 38 millions de personnes supplémentaires sont touchées par la sous-alimentation ;
  • En 2017 : 821 millions d’individus dans le monde souffrent de la faim.
  • 1 enfant de moins de 5 ans sur 12 est touché par la maigreur extrême ;
  • Plus de la moitié des enfants touchés, soit 27.6 millions, se trouvent en Asie du Sud.

On constate aussi un phénomène de surpoids dû à une autre forme de malnutrition. En 2016, cela concerne 41 millions d’enfants de moins de 5 ans. Ceci s’explique par le faible coût des aliments de mauvaise qualité nutritionnelle et énergétique favorisant de fait l’obésité.

Les populations les plus pauvres et les moins scolarisées sont les plus touchées par la malnutrition. 

  • 72 millions d’enfants en âge scolaire ne vont pas l’école ;
  • Seuls 18% des enfants des écoles primaires dans les pays les plus pauvres reçoivent un repas à l’école.

Quels sont les impacts des programmes d’alimentation scolaire ?

Cantine de l’Equateur

« La cantine peut faire bien plus que nourrir les enfants […]. Il existe deux raisons principales d’instaurer des programmes de restauration scolaire : répondre à des besoins sociaux et fournir un filet de protection sociale pendant les crises ; soutenir le développement de l’enfant par l’amélioration de la nutrition et de l’apprentissage scolaire. »
Rapport 2013 du Programme alimentaire mondial (PAM)

Les programmes d’alimentation et de nutrition scolaires peuvent contribuer à atteindre plusieurs Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies :

  • Pas de pauvreté ;
  • Faim « zéro » ;
  • Bonne santé et bien-être ;
  • Éducation de qualité ;
  • Égalité entre les sexes ;
  • Travail décent et croissance économique.

C’est enfant que l’on prend de bonnes habitudes alimentaires et sanitaires qui conditionneront notre état de santé d’adulte.
Les programmes d’alimentation scolaire agissent dans ce sens. L’alimentation est essentielle pour la croissance, le développement psychomoteur et les capacités d’apprentissage

Il faut donc s’attaquer aux problèmes nutritionnels les plus répandus chez les populations les plus pauvres : les carences en vitamines A ou en fer et les infections. Les repas ou collations doivent être enrichis en micronutriments et vitamines A qui aident à lutter contre les infections et les carences. Les programmes d’alimentation scolaire répondent donc à un double objectif : santé et scolarisation.

Pour les jeunes filles, les programmes d’alimentation scolaire représentent un apport essentiel en fer et en folate qui réduit la vulnérabilité immédiate aux infections et à l’anémie et les aide à être mieux préparées lorsqu’elles seront en âge de procréer. La bonne santé de la mère garantira la bonne santé de son enfant

Pour conclure, les objectifs des programmes d’alimentation scolaire sont :

  1. Éducation et scolarisation : La présence d’une cantine scolaire encourage les parents à envoyer leurs enfants à l’école. Les écoliers sont sensibilisés à des pratiques alimentaires saines qu’ils peuvent à leur tour transmettre à leur famille et communauté. 
  2. Protection sociale : Les repas scolaires brisent le cycle de la faim, de la pauvreté et de l’exploitation des enfants et rompt le cercle intergénérationnel de la malnutrition.
  3. Nutrition : Les repas scolaires améliorent l’état de santé des enfants et réduit les carences.
  4. Agriculture locale : Les repas scolaires permettent de soutenir les producteurs locaux (ce qui amène à des pratiques agrécologiques et/ou de sensibilisation au climat) et l’économie nationale pour des programmes durables. 
  5. Rôle social : La pédagogie des repas scolaires favorisent et renforcent le tissu social au sein des communautés.
  6. Enfin, le repas est un moment de plaisir et de découverte durant lequel l’enfant peut se détendre et communiquer.

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